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Rencontres

Mireille Joffre : « Mon personnage a surement du mal à comprendre les états d’âme d’Helena, deux générations les séparent… »

Rencontre. Mireille est Mamie, la grand-mère paternelle d’Helena. Dans le film, il s’agit d’un moment à la fois divertissant et réaliste qui a parlé à beaucoup de personnes… Ce n’est pas la première fois que Mireille Joffre se retrouve devant la caméra de Steve Catieau. En effet, la comédienne a joué en 2010 dans « Les Matrones », (visible à ce lien), elle était une bouchère très décomplexée. Elle nous raconte ces aventures.

Qui est selon vous Mamie ?
Mamie a du être grand-mère assez jeune, puisque la voilà arrière-grand-mère alors que c’est une femme encore très alerte ! C’est une femme dynamique à qui il ne faut sûrement pas parler de son âge, elle ne doit pas y penser et fait tout ce qu’il faut pour ne pas avoir à y penser. Elle aime beaucoup sa petite-fille, elle était peut-être encore en activité lorsqu’elle est née, n’a sans doute pas pu en profiter comme elle aurait voulu, aujourd’hui ne voit pas son arrière-petit-fils assez souvent.

Pensez-vous que Mamie comprend sa petite-fille Helena ?
Elle a surement du mal à comprendre les états d’âme d’Helena, deux générations les séparent et même si elle reste jeune dans sa tête, elle a connu une vie de femme sans doute très différente.

Quelles comparaisons pouvez-vous faire entre Mamie et Gilberte votre personnage dans « Les Matrones » ?
Pour moi, ce sont deux femmes très différentes, Mamie est plus âgée que Gilberte la charcutière qui, elle, est encore en activité. Si Mamie accepte tout à fait son âge, en faisant ce qu’il faut pour se maintenir en forme, je suis moins sûre que Gilberte soit aussi à l’aise avec les années. Cette façon de profiter de la vie et des messieurs sans complexe, peut cacher une sorte de fuite en avant, elle ne me semble pas, comme Mamie, dans une vraie sérénité, il y a chez Gilberte une forme de solitude lorsqu’elle se retrouve chez elle que Mamie a complètement dépassé. Que fera Gilberte le jour où elle ne pourra plus vendre ses terrines ? Mais ce sont deux femmes de notre temps, deux portraits de femmes du 21ème siècle chacune dans un genre différent, une qui vit sa sexualité avec gourmandise et l’autre qui assume tranquillement son statut d’arrière-grand-mère, et pas seulement en faisant des gâteaux dans sa cuisine, qui n’oublie pas de mettre dans le frigo le coca que Gabriel aime tant.

Comment s’est passé le tournage ? Pas trop physique ?
Le tournage a été très agréable. Comme d’habitude Steve savait parfaitement ce qu’il voulait obtenir de ses comédiens, l’équipe était très sympathique tout s’est merveilleusement passé dans un bel appartement et une ambiance très zen. Quant à moi j’avais ressorti les haltères de ma jeunesse, lorsque j’étais professeur de culture physique. J’ai eu la bonne surprise de constater que je ne m’en sortais pas trop mal. La dernière prise a été un peu rude, mais je n’ai pas eu de courbatures, il paraît que les fibres musculaires ont une mémoire, il faut croire que c’est vrai !

Parlez-nous de votre partenaire Lorène Devienne…
J’ai tout de suite eu un très bon contact avec Lorène, qui non seulement est jolie, mais aussi une très bonne comédienne. De plus elle pourrait vraiment être ma petite-fille, il aurait suffit que je fasse un enfant très jeune, mais c’est du domaine du possible, ce qui est très confortable pour le ressenti du personnage. Je la croiserai de nouveau sur un plateau ou sur une scène avec beaucoup de plaisir.

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