Le prolongement de moi

Rencontres

Frédéric Gorny : « Créer des familles me tient de plus en plus à cœur… »

Rencontre. Il est un habitué du petit-écran, il a tenu pendant dix ans le rôle principal de Laurent Zelder dans la série « Avocats et associés ». Aujourd’hui, Frédéric Gorny a grandi. Dans « Le prolongement de moi », il est Antoine, journaliste pressé qui essaye du mieux qu’il peut de soutenir Helena, mère de son fils Gabriel. Il se confie en exclusivité à propos de sa participation dans le film. Frédéric Gorny, un acteur fort et généreux.

Pourquoi avoir accepté de jouer dans ce film ?
Le sujet du film me touche beaucoup mais pas seulement… Je fonctionne aux rencontres. C’est déterminant dans mes prises de décision. Pour ce projet, il y a d’abord le réalisateur, et son enthousiasme. L’envie de le suivre parce qu’il donne de sa personne. Ensuite, le concept en lui-même. Le web est un paysage d’expression et de liberté. Le décliner sur la toile sous forme de web-série est donc une force. Ce n’est pas un article de commande, c’est un projet d’auteur…

Qu’entendez-vous par « projet d’auteur » ?
Il y a la liberté de ton que l’on ne retrouve pas forcement si c’est une chaine qui produit. Pas de censure. C’était l’occasion aussi d’incarner un personnage différent de ce que j’ai pu faire auparavant. C’est surtout l’humain qui prime. Ca s’inscrit dans un travail que j’ai envie de faire dans la longueur avec Steve Catieau. L’envie d’accompagner un auteur. C’est une histoire de confiance. Et ça me tient de plus en plus à cœur : créer des familles. L’échange. J’ai la satisfaction de sentir que je ne suis pas qu’un pantin qu’on vient chercher pour répéter un texte. Le fait d’alterner projet grand public et projet d’auteur est un privilège que je souhaite conserver. En tant qu’artiste, c’est primordial. C’est un équilibre, l’essence même de ce métier.

Vous jouez Antoine, père divorcé. Comment le voyez-vous ?
Je ne voulais pas en faire un personnage modèle. Ne pas être le pendant d’Helena qui est en conflit avec elle-même. Ca aurait été trop simple d’être le contraire du personnage principal. Antoine devait avoir un peu d’empathie pour son ex-femme. Il a de la tendresse pour elle. Par rapport à ce qu’ils ont été, et ce qu’ils sont encore. Il se sent responsable. Sans reprocher à l’autre de ne pas être responsable autant que lui… Antoine reste la voix objective. Et sans doute le personnage le moins névrosé du film.

Difficile pour vous de jouer un père de famille ?
En faite, dans ma carrière, j’ai très peu eu l’occasion d’en jouer et j’arrive à un âge où ça commence à être crédible. Dans ce film, je joue plus sur le statut du père que le père en lui-même puisque que je n’ai pas de scène directe avec l’enfant. Socialement, il est père, et ça détermine sa façon d’être.

Parlez-nous de vos partenaires
Je connaissais Lorène Devienne avant. Je savais que notre couple pouvait être crédible à l’image. Je la sentais naturelle devant la caméra, très à l’aise sur le plateau. Elle a peu d’expérience dans le cinéma mais elle a de l’intuition.
Pour ma scène avec Béatrice de Staël, j’ai été surpris par les différentes propositions qu’elle pouvait faire à chaque prise. Je ne les anticipais pas, toujours la surprise !

Votre actualité ces prochains mois ?
Je défends actuellement un projet de comédie musicale. Il s’agit d’un court métrage où je chanterai et je danserai. J’ai envie d’aller davantage dans le registre de la comédie. Et faire d’autres choses. J’ai des projets pour la T.V. mais encore trop tôt pour en parler… et sans doute un retour au théâtre.

Commentaires