Le prolongement de moi

Rencontres

Elisa Point : « C’était un moment délicat et songeur pris entre les ciseaux du montage. »

Rencontre. Elisa Point est auteur-compositeur et interprète, elle a offert pour « le prolongement de moi » une superbe chanson « Un soupçon d’autrefois » avec comme refrain « le mélange de nos cœurs ne prend pas ». C’est comme si cette chanson avait été écrite pour l’héroïne du film. Par la voix singulière d’Elisa, Helena exprime pour la première et unique fois son désamour pour son fils Gabriel. La pétillante artiste nous relate comment s’est passé sa participation au film. A écouter de toute urgence, son dernier album « L’Exception » avec Léonard Lasry, coup de cœur de la Fnac. Musique maestro !

Pourquoi avoir accepté de participer à un tel projet ?
Pourquoi pas ? J’aime la surprise des rencontres artistiques. Et celle avec Steve a fait mouche ! Il a adoré mon concept « ciné-chantant » autour de l’album « L’Exception ». Pareil pour moi, quand j’ai découvert son film, il était évident que l’on devait travailler ensemble : le sujet, la forme, tout me touchait particulièrement.

C’est la première fois que vous participez à un court-métrage ?
Non, j’en ai déjà fait quelques uns puisque le cinéma tient une grande place dans ma vie ! J’ai d’ailleurs aussi écrit des longs métrages… « Pas de nouvelles du Bon Dieu » entre autres !

Comment s’est fait le choix de la chanson « Un soupçon d’autrefois » ? Et pourquoi cette chanson ?
Le choix était celui du hasard magnifique… J’étais venue chez lui à Belleville un dimanche pour lui faire écouter quelques chansons. Puis après avoir visionné son film, je lui ai proposé une musique qui l’a encouragé à m’en demander une autre ! Et là, j’ai appuyé sur la touche « aléatoire » sans le faire exprès. Miracle ! Le titre était « Un soupçon d’autrefois ». Steve s’est évanoui. Pour lui, c’était ça !

Comment s’est passé votre collaboration avec Steve Catieau ?
Comme deux complices préparant un hold-up d’images ! J’ai été séduite par sa spontanéité, son côté visionnaire. Il tourne vite entouré de son gang. C’est un vrai cinéaste de l’instant. Et le résultat est bluffant ! Nous avons peaufiné la séquence de ma chanson. C’était un moment délicat et songeur pris entre les ciseaux du montage.

Quelles sont vos références cinématographiques ?
J’ai une prédilection pour le cinéma italien des années 60 en noir et blanc surtout, les films peu connus de nouvelles vagues, les indépendants américains, comme « Portrait d’une enfant déchue » et le nouveau cinéma argentin. Mes références ne sont pas forcement des chefs d’œuvres mais des séries B réussies avec des scènes qui restent en mémoire longtemps après.

Parlez-nous de votre album avec Léonard Lasry « L’exception » et des clips qui l’accompagnent ?
« L’Exception » avec Léonard Lasry est un rêve réaliste ! Nous avons chanté de manière fusionnelle à la vitesse du son ! Les voix ont été faites en un après-midi, le reste a suivi avec un peu plus de distance ! Léo a magnifié mon univers d’actrice musicale, et les chansons choisies sont un écran idéal pour ceux qui ne me connaissent pas encore !
Le concept de ce projet n’était pas d’aligner des clips mais de rendre hommage au cinéma qui me plait avec des séquences oniriques en parfaites osmoses avec les chansons. Le cinéaste Gérard Courant s’est prêté au jeu en suivant mon inspiration, cette cinémathèque portative est un pur élan vers la beauté, la jeunesse éternelle des actrices et acteurs de cette époque et à leur modernité et à leur sensualité face à la camera.

Quelles sont vos envies pour le futur ?
Pour l’instant nager dans des eaux transparentes le plus loin possible ! Hériter enfin d’une fortune colossale qui me permettrait de réaliser mes futures dérives dans l’art contemporain… J’oubliais : ne pas attraper la grippe cet hiver et finir mon opéra parlé !

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