Le prolongement de moi

L’histoire

Helena, jeune trentenaire, travaille dans une agence de publicité à Paris. Elle est divorcée d’Antoine, journaliste de presse, avec qui elle a eu un enfant, Gabriel. Ensemble, ils font tout pour donner la meilleure éducation à leur fils de sept ans.

Helena est une femme sportive, dynamique qui semble avoir tout pour être heureuse. Elle a des amis, un amant, une famille. Helena est une femme bien dans son époque et pourtant…

La société peut entendre que des enfants n’aiment pas leurs parents. La réciproque est-elle possible ? Une mère a-t-elle forcement la fibre maternelle ?

« Le prolongement de moi » se pose ces questions en suivant dans son quotidien une mère qui doit tenir son rôle dans une société qui ne peut pas entendre un « je n’aime pas mon enfant ».

Note de réalisation

« Le prolongement de moi » est le portrait d’une mère d’aujourd’hui dans une société trouble où les valeurs familiales évoluent.

Le parti pris est de ne pas montrer l’enfant. Si il est au cœur des conversations, il n’est pas montré. L’enfant existe à travers les yeux de ses parents, de ses proches, mais il n’est pas directement présent à l’écran.

Helena est le personnage central du film. Tout passe à travers elle. Elle est celle par qui les émotions circulent, celle qui provoque les réactions chez les autres. Son omniprésence fait vivre le malaise.

La multiplicité des contacts (famille, amis, amant) donne du relief à sa propre condition. Ils lui parlent, l’observent, la font évoluer dans son environnement. Elle est à la fois l’héroïne et la spectatrice de sa propre condition. Helena existe à travers son statut de mère et des regards tronqués que l’on porte sur elle.

La multiplicité des lieux résonne comme une recherche de ne pas installer le personnage dans un confort. Helena n’a pas de temps pour prendre du recul sur ce qu’elle vit. Elle marche, elle court et se disperse. Elle n’est jamais la même. Et si la conversation est parfois intime, le cadre est quant à lui, impersonnel.

Helena est dans un présent fragile, fuyante, détachée, absente de ce qui lui arrive vraiment. Son univers lui appartient, mais elle ne le livre pas.

Les sentiments qu’Helena éprouve pour son fils ne sont jamais directement exprimés. Ses proches sentent un malaise mais ne portent jamais de mots concrets sur celui-ci. Les moments les plus explicites sont les passages où la jeune femme se retrouve face à elle-même. Comme quand elle plie le linge ou quand elle rêve.

Enfin, Helena est une femme parfaitement saine d’esprit. Elle n’a aucune névrose en apparence. C’est une mère comme toutes les autres, qui travaille, qui s’assume financièrement.