Le prolongement de moi

Chroniques

Maman/fille suite

Dans le couple mère-fille, la société pointe souvent le rôle négatif, voire toxique, joué par la mère. Qu’elle soit jugée possessive à l’excès, autoritaire ou cruellement indifférente. C’est oublier le rôle joué par la fille. Revenons donc au début. Dans ses premières années, la petite fille a tendance à regarder sa mère comme une sorte de modèle. Celle qui sait tout faire, celle qui devine tout. C’est aussi une mystérieuse détentrice de la féminité. D’une façon maladroite et touchante, la petite demoiselle va ouvrir le sac de maman, essayer ses chaussures à talon et ses colliers. Mais arrive l’adolescence, et alors là, changement de cap. On se pose en s’opposant. La formule sartrienne, si elle n’a pas été conçue pour cette situation, lui va comme un gant. Mademoiselle se rebelle contre son modèle et sort ses griffes, créant des blessures qui, même involontaires, peuvent faire très mal et modifient la relation à coup sûr. A moins que, consciente de ses failles et de ses contradictions, l’ado ne se raccroche à sa mère, en quête d’une fusion rassurante ou consolatrice. Surgit alors un étrange couple Maman/fille, dans lequel les protagonistes se renvoient la balle et se confortement mutuellement. Ca dure ce que ça dure. La plupart du temps, c’est le régime de l’alternance. Un coup dans un sens, un coup dans l’autre, confidences et embrassades, détestation absolue… Je t’aime, moi non plus.

A suivre…

Hermine Dorléac

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