Le prolongement de moi

Chroniques

La maternité, version officielle

La maternité, c’est la plus belle chose au monde. Toutes les femmes vous le diront, c’est une expérience unique, un aboutissement que rien ne peut remplacer. Attendre un petit être, le porter. Et puis le serrer entre ses bras, le cajoler, le câliner. Etre là quand il pleure, être là quand il rit. Entendre sa respiration quand il s’endort, enfin calmé.

D’accord, tout ceci est vrai, c’est connu depuis la nuit des temps. Mais est-il si sûr que toutes les femmes aspirent à cette merveilleuse aventure ?

Parce que, c’est tout aussi évident, il y a le revers de la médaille. Les inconvénients de la grossesse, les inquiétudes sur la naissance à venir, et les inévitables douleurs de l’accouchement. Et puis l’enfant si longtemps attendu n’est pas toujours à la hauteur des espérances, il peut surprendre, agacer, gêner. Forcément, quand il arrive, il envahit un peu de votre espace et de votre liberté.

Mais, l’avez-vous remarqué ? On parle très peu de ce versant maussade de la maternité. Tout au plus, les années passant, les parents vont expliquer que leur enfant leur donne du fil à retordre. La scolarité, les drôles de copains, le mauvais caractère… Oui, mais ça, c’est après. Avant, dans le discours courant, quand on évoque l’éclosion de la maternité, ce qui prédomine, c’est une sorte de version officielle. Officielle et justifiée, la plupart du temps. Mais peut-être pas universelle.

Helena, notre héroïne du « Prolongement de moi », pose indirectement la question. C’est une jeune femme active, intellectuellement évoluée, saine d’esprit, et sans névrose apparente, nous apprend-on. Et pourtant, nous comprenons que son enfant n’a pas vraiment de place dans sa vie. Est-elle sans cœur ? Non. Egoïste ? Oui, sans doute, comme… presque tout le monde autour d’elle. Là n’est pas la question. Au cœur d’elle-même, Helena ne se sent pas mère. C’est son droit, mais elle ne le connaît pas.

A suivre…

Hermine Dorléac

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