Le prolongement de moi

Chroniques

Je n’aime pas les enfants

Depuis l’époque des cavernes, la maternité s’est imposée aux femmes comme un cadeau du ciel – ou un don de l’enfer. Il existait bien des recettes pour éviter l’état de grossesse et des procédés barbares pour s’en débarrasser. Avec quelle efficacité ? Vous ne trouverez jamais de statistiques là-dessus. Il est d’ailleurs surprenant que la littérature ou les biographies du passé fassent si peu état des craintes qui ont dû submerger au cours des siècles les jeunes femmes enceintes, quand on connaît les ravages de la mortalité lors des accouchements…

Bon. Revenons à notre époque. Et cherchons les motifs qui peuvent conduire une femme, dans notre société actuelle et médicalisée, à refuser ou différer une grossesse. Dans le désordre : être trop jeune (ou trop vieille), avoir déjà des enfants, un manque d’attachement pour le partenaire (rencontre de passage, relation forcée, viol, dégradation des relations dans le couple), sentiment de ne pouvoir assumer ses responsabilités, manque d’argent, de temps, de disponibilité, frein dans la carrière envisagée, peur de l’accouchement, peur de ne pas être à la hauteur en matière d’éducation, refus de fabriquer de la chair à canon (très clairement explicité par l’actrice Arletty, dont le fiancé était mort pendant la première guerre mondiale…).

Là, nous sommes dans le rationnel, l’explicable. Mais d’autres motifs plus subjectifs, plus difficiles à communiquer peuvent aussi se profiler. Encore dans le désordre : refus de l’enlaidissement, dégoût de sentir une vie qui n’est pas la sienne (un intrus chez moi) peur de l’inconnu, refus de la répétition (ce n’est pas parce qu’on m’a donné la vie que je dois en faire autant), pas d’amour des enfants (si, si, ça existe). Et là, je pense un peu à Helena, le personnage… Pas vous ?

A suivre…

Hermine Dorléac

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