Le prolongement de moi

Chroniques

Je leur laisse le boulot

Je n’ai jamais su compter. Les statistiques, la loi des grands nombres, ce n’est pas pour moi. Mais vous savez, ce n’est pas la peine de sortir sa calculette. Imaginez une seconde ce qui se passait autrefois. Dans des temps reculés, et il n’y a pas si longtemps encore. Les bébés, ça mourait une fois sur deux. Ou sur trois, ou sur quatre, on n’en est pas à ça près. Quelquefois, la mère mourait avec, d’ailleurs. Les années suivant la naissance, les bébés qui avaient résisté pouvaient être emportés par une maladie qu’on ne savait pas soigner. Les adultes de leur côté n’échappaient pas à la mortalité précoce. Epidémies, accidents, guerres, vous voyez ce que je veux dire. Bon. Et maintenant, regardez ce qui se passe. On peut avoir des enfants à n’importe quel âge ou presque. On bénéficie d’aides -sécu, alloc, hôpitaux- que ne connaissaient pas nos aïeux. Une fois nés, presque tous les mômes tiennent le coup…

Donc, j’en reviens aux statistiques (finalement, je ne suis peut-être pas si nulle que ça). Des gens plus nombreux, qui procréent plus longtemps, une mortalité infantile qui dégringole, ça fait forcément monter le niveau de la population. Alors, pourquoi s’embêter à faire des mômes si on n’en a pas envie ? Moi, les couches-culottes et les petits pots, ce n’est pas vraiment ce qui me fait rêver. Puisque d’autres s’en chargent, je leur laisse le boulot !

A suivre…

Hermine Dorléac

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